Maman a les bleus

Photo by Anthony Tran on Unsplash

Tous les parents vivent une période de transition majeure suite à la naissance de leur bébé. Les sautes d’humeurs sont fréquentes et plusieurs femmes vivent de la confusion face à leur sentiments de tristesse lors d’une période de leur vie qui est normalement considérée comme joyeuse. Les sautes d’humeurs, l’irritabilité, la crainte de ne pas être capable d’y arriver sont tous des symptômes de ce qu’on appelle le  »baby blues ».

C’est quoi?

Le baby blues arrive généralement dans les 3 à 5 premiers jours après l’accouchement, et peut durer jusqu’à deux semaines. C’est très fréquent et d’après l’American Pregnancy Association, de 70% à 80% des femmes qui ont accouché vivent des sautes d’humeurs ou des sentiments négatifs.

Nous ne connaissons pas les causes exactes du baby blues, mais la fatigue, les bouleversements hormonaux, la façon dont la femme a vécu son accouchement et les changements psychologiques sont souvent cités comme facteurs déclencheurs.

Ça ressemble à quoi?

Les symptômes les plus fréquents sont:

  • Pleurs pour aucune raison apparente
  • Impatience
  • Irritabilité
  • Agitation
  • Anxiété
  • Fatigue
  • Insomnie (même lorsque le bébé dort)
  • Tristesse
  • Sautes d’humeurs
  • Mauvaise concentration

Quoi faire?

  • Parler, parler, et… parler encore! Le meilleur moyen de passer au travers du baby blues est de se confier. Discutez de vos sentiments avec une personne en qui vous avez confiance. Extérioriser vos sentiments vous permet de mieux les comprendre, les valider et de les apprivoiser.
  • Donnez-vous le temps d’apprendre à être mère. Comme tout le reste dans la vie, la maternité s’apprend! Vous avez le droit de vous tromper et de ne pas savoir comment faire. On a beau lire tous les livres sur les bébés et suivre tous les ateliers qui se donnent, votre bébé est unique, et vous aussi. Vous devrez vous apprivoiser, et parfois ça passe par des ratés. Ça ne fait pas de vous une mauvaise mère, ça fait de vous une mère, tout court. 😉 La bienveillance envers soi est une excellente alliée.
  • Demandez de l’aide. N’ayez aucune honte à demander de l’aide (voir point plus haut!). Vous vous remettez physiquement, psychologiquement et même spirituellement de votre accouchement, c’est normal de ne pas pouvoir gérer le quotidien comme à l’habitude. Demandez à votre famille ou vos amis un coup de main avec la vaisselle, les repas, les courses. Faites appel à des services de relevailles (je connais quelqu’un! 😉 )
  • Dormez dès que vous pouvez. Si vous n’arrivez pas à dormir lorsque bébé dort, essayez quand même de vous reposer. Allongez-vous les yeux fermés, faites de la méditation, du yoga ou de la relaxation. Même une micro sieste peut faire un bien énorme!
  • Tout le monde tout nu! Faites une session de peau à peau intensive avec votre nouveau-né. Restez allongée avec votre bébé, demandez à votre partenaire de vous emmener vos repas au lit, faites la grève du lavage! Le peau à peau, en plus de favoriser l’allaitement, vous fait secréter de l’ocytocine qui augmente votre sentiment de bien-être. Le contact de votre peau calme bébé et favorise l’attachement.

Et si le baby blues avait une utilité?

Vous avez bien lu! Certains aspect du baby blues peuvent vous être utile. En voici quelques uns:

  • De la grossesse à la maternité. Le gros ventre, l’attention particulière qui vous était portée et le sentiment de plénitude que vous aviez lorsque vous étiez enceinte sont disparus. Vous voilà mère! D’après Moussa Nabati, psychanaliste: « Cette petite déprime permet d’aller au bout de la transition entre le plein et le vide, aide à ce que la page soit vraiment tournée ! ».
  • Passer du rêve au réel. Votre bébé est différent de ce que vous vous étiez imaginée lorsque vous étiez enceinte. Il ne s’agit pas d’une déception: « Le baby-blues indique un passage entre le fantasme et la réalité. Et dans la vie, passer du rêve au réel s’accompagne toujours d’une forme de tristesse, de regret, même quand le résultat est magnifique ! », avance la psychanalyste. Le baby blues permet un moment pour atterrir dans la réalité.
  • Faire une place à l’enfant. « Il y a prise de conscience de la mère que son enfant est différent d’elle, qu’il est une autre personne et non un morceau d’elle-même, avec ses désirs et ses besoins spécifiques. Cette reconnaissance de la différence de son enfant permet à celui-ci de se faire une place et d’exister » affirme Myriam Szejer, psychanalyste.
  • Reconnaître les besoins du bébé. Le baby blues vous met dans un état hyper-émotif, où vous êtes particulièrement réceptive aux besoins de votre nouveau-né. En ralentissant et en vous concentrant sur votre bébé, vous conservez quelque temps encore un lien privilégié.

Est-il possible que votre partenaire souffre de dépression post-partum?

Oui! Même si votre partenaire n’a pas accouché du bébé, les bouleversements et l’adaptation que demande l’arrivée d’un nouveau-né peuvent contribuer à l’apparition progressive des mêmes symptômes. Selon une étude menée en France, près de 1 partenaire sur 10 serait touché par la dépression post-partum au cours que la première année avec bébé. La dépression maternelle et les variations hormonales serait des facteurs de risques.

Et si ça perdure?

Si les symptômes s’aggravent ou perdurent plus de deux semaines, parlez-en ouvertement à votre médecin ou à votre sage-femme. Il pourrait s’agir de dépression post-partum, une condition moins fréquente, mais plus grave.

J’espère que ce billet vous aidera à comprendre et apprivoiser le baby blues. Je vous souhaite que l’aventure qui commence vous comble profondément!

Abou-Saleh, M. T., Ghubash, R., Karim, L., Krymski, M., & Bhai, I. (1998). Hormonal aspects of postpartum depression. Psychoneuroendocrinology23(5), 465-475.

Auffret-Pericone, M., Poblete, M. & Rosfelter, P. (2009). Juste né: Baby blues, 6 façons de le surmonter. Repéré à https://www.enfant.com/grossesse/psycho/baby-blues-6-facons-de-le-surmonter.html

Gravillon, I. (2013). Naissance: Baby-blues : il est utile !. Repéré à https://www.enfant.com/grossesse/psycho/avantages-baby-blues.html?cpage=3

Gressier, F., Tabat-Bouher, M., Cazas, O. & Hardy, P. (Février 2015). Dépression paternelle du post-partum : revue de la littérature. La Presse Médicale, vol. 44(4), 418-424.

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